Intimidations policières et photographie de véhicule

Le Dimanche 18 septembre dans l’après-midi, j’aperçus une camionnette blanche des Agents de Surveillance de Paris (ASP)1  garée sur l’arrêt de bus. Voyant que le véhicule est en stationnement gênant, je décidai de le prendre en photo. Un ASP me vit et commença à s’époumoner et à vociférer. Il prétendit que « en raison de vigipirate, il est interdit de prendre des photos des véhicules de police« . Ce qui est faux. L’agent ne s’arrêta pas là et va plus loin. Il affirma que diffuser des photos de véhicule de police en fait des cibles et que je suis « un complice du terrorisme djihadiste« , toujours en hurlant bien sûr. L’état d’énervement de l’individu rendait impossible tout dialogue raisonné et constructif avec lui. La logique semblait aussi pointer aux absents dans son discours. J’accepte tout à fait qu’on m’explique en quoi prendre en photo un véhicule de police en fait une cible. Je reconnais des difficultés de compréhension sur ce sujet. Surtout, en quoi je peux être accusé de complicité d’actes terroristes? Ce qui est une accusation gravissime. L’agent enchaîna en disant qu’il va porter plainte et que je vais « être amené au poste« . Le propos n’ayant strictement aucune crédibilité, je faillis m’étrangler de rire. Deux policiers arrivèrent rapidement. Je fus gourmandé comme jamais. On m’expliqua que je devais me « comporter en citoyen » et que « ce n’est pas comme ça que [je ferais] avancer la France« . On m’expliqua clairement que j’étais un parasite et que je gênais un agent en intervention. Il rajouta que dans le contexte d’état d’urgence et de présence d’une menace terroriste élevée, je devrais avoir honte. Un des deux policiers jouait vraiment dans la provocation. J’ai cru que c’était pour me pousser à l’outrage. Les deux policiers insistèrent pour que j’efface la photo. Ce que j’ai refusé, décidant les deux agents à recueillir une main courante de l’ASP. Parallèlement, ma carte d’identité, mon numéro de téléphone et mon adresse ont été recueillis. Honnêtement, je me demande ce qu’ils ont pu mettre dans la main courante: « il a pris une photo du véhicule », wouhou!  Les policiers m’ont clairement expliqué ensuite que je m’exposerais à des poursuites pénales si je partageais la photo sur les réseaux sociaux. Cela ne correspond pas aux textes en vigueur. Si l’ASP et les deux policiers tombaient par hasard sur ce billet, voilà ce que je voudrais qu’ils comprennent:

    1.  Je ne suis pas un mauvais citoyen. Quis custodiet ipsos custodes? Surveiller les gardiens est essentiel pour éviter les dérives autoritaires. Personne n’est au-dessus des lois. Quand on veut appliquer la loi, on doit montrer l’exemple. Si la personne chargée de réprimer le stationnement gênant se gare n’importe comment alors qu’il n’y a pas urgence, cela ne donne pas le bon exemple. Cela entraîne une perte de crédibilité. Montrer les mauvaises pratiques pour pouvoir les corriger ensuite est un acte parfaitement citoyen puisque justement on aide la société à s’améliorer.
    2. Je ne suis pas un complice du terrorisme djihadiste. Ma photo d’un véhicule déployé pour une mission de police de circulation ne met pas en cause la sécurité du pays. Plus généralement, une photographie d’un véhicule stationné ne contient aucune information sensible pouvant être utilisée par des terroristes. Je reste très choqué par les attaques gratuites des représentants de force de l’ordre à mon endroit. Je ne comprends pas comment ils ont pu tenir des propos aussi erronés. Je risquais d’être induit en erreur par ces fausses affirmations.
    3. Enfin, ni l’état d’urgence ni le plan vigipirate ne doivent être des opportunités pour mettre l’état de Droit entre parenthèse. Toute autorité doit continuer d’être responsable devant le peuple. Il est inadmissible de vouloir échapper à la supervision des citoyens et au contrôle populaire souverain.

J’ai saisi le défenseur des droits. Je souhaite vraiment comprendre ces réactions hostiles. J’espère que j’arriverais à initier un dialogue constructif lors de cette médiation pour mettre fin à des pratiques néfastes au contrôle démocratique des citoyens.

Pour conclure, une petite photo cadeau2:

Camionnette asp mal garée.

Camionnette de la préfecture de police mal garée par des ASP et gênant fortement l’accès au bus.

1. [Paris est la seule ville de France à ne pas avoir de police municipale depuis que Napoléon en a décidé ainsi. Il existe un corps supplétif à la police, les ASP, pour assurer ces missions, notamment la police de circulation et la propreté des marchés.]
2. [Je tiens à préciser que je ne suis pas à l’origine de la diffusion de cette photo sur postimg.org.]

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